Category Archives: Solidarité et Partage

Etre là pour ceux qui veulent s’en sortir

Mutualiser les expériences et bonnes pratiques d’indicateurs territorialisés de richesse et sociaux impliquant les acteurs de l’ESS

Les territoires s’intéressent aussi aux indicateurs à même de mieux analyser leur santé économique, sociale et écologique. La Région Nord Pas de Calais, par exemple, expérimente des outils comme l’IDH (indice de développement humain), l’empreinte écologique, l’indicateur de santé sociale ou encore le BIP 40 (sur les inégalités et la pauvreté). La Région Ile-de-France travaille un baromètre de qualité de vie et de bien-être, le Grand Lyon sur un indice de développement humain adapté, etc. De fait, les acteurs de l’ESS participent lorsqu’ils ne sont pas partie prenante active à l’élaboration et à la mise en place d’indicateurs sociétaux de bien-être territorialisés (PEKEA) en Bretagne ou d’indicateurs de cohésion sociale (Conseil de l’Europe). Construits avec les citoyens et différentes parties prenantes des territoires, les indicateurs locaux de bien-être et de cohésion sociale deviennent un outil de construction de territoires responsable, pluriel et solidaire. Tout l’intérêt de ces expérimentations est qu’elles visent à expérimenter la construction collective du progrès social à partir de processus participatifs plutôt que d’une agrégation de préférences individuelles révélées par sondages. L’implication des acteurs de l’ESS dans ces démarches est loin d’être anodine bien qu’elle soit à amplifier pour plusieurs raisons. D’abord parce que les conceptions globales du progrès ne sont pas sans incidence sur l’évaluation locale des performances des entreprises à un moment où l’ESS est de plus en plus sommée de faire la démonstration de l’utilité sociale de son activité. Ensuite parce qu’intégrant une part importante de travail militant et bénévole dans la production de biens et services, l’ESS est un lieu d’expérimentation d’autres conceptions de la richesse et d’exploration des possibilités et des limites d’une comptabilisation des ressources non monétaires. Enfin, l’ESS, ne se fondant pas son activité sur la rémunération du capital, mais sur l’élaboration et la perpétuation de patrimoines collectifs, elle est vecteur de nouvelles mutualisations des richesses immatérielles et de production de bien commun non dérivé d’une simple poursuite des intérêts individuels.

Inviter à un système d’hébergement solidaire et temporaire chez l’habitant

L’Etat propose aux personnes désirant aider des personnes tout en ayant des garanties de l’Etat la création d’un système d’accueil chez les personnes pour des durées allant d’une nuit à plusieurs semaines, dans une résidence secondaire ou une chambre d’amis, dans un cadre légal en ayant la garantie de compensation de l’Etat si la personne aidée crée des problèmes mais aussi l’exclusion de ce système ensuite de ces mêmes personnes. L’idée est de reprendre un système proche de celui créé par le site couchsurfing mais avec une dimension davantage solidaire d’aide aux personnes en difficultés.

Mettre en place des dispositifs de soutien à la consommation responsable des ménages modestes

Il s’agit donc de permettre aux personnes à faible revenu (bénéficiaires des minimas sociaux, chômeurs de longue durée…) d’accéder à une consommation responsable et solidaire, notamment une alimentation de qualité, équilibrée et bio. Différentes méthodes sont envisageables :

  • Une modulation des prix en fonction des revenus, sans stigmatisation, dans un souci de mixité sociale
    (logique de péréquation). Exemples Solid’Arles (épicerie solidaire), Solidarité (Auvergne, circuits courts), réseau d’épiceries solidaires
    en Dordogne (initiative impulsée par le Conseil général).
  • Un système de chèques ou bons d’achats « consommation responsable » abondés par les collectivités ou
    les entreprises, à l’image des tickets restaurant ou des chèques culture / vacances.
  • Un système de carte électronique, de type carte « s’miles » ou « carte vitale » qui permette de cumuler
    des points, par et pour l’achat de produits responsables ; ces points pouvant également donner droit à un crédit d’impôt, lors de la déclaration de revenus.Exemple du Food Stamp Program (USA) : « programme américain d’aide alimentaire en direction de populations vulnérables afin de les aider à accéder à une alimentation plus saine, mis en place en 1964. Objectif : accroître le pouvoir d’achat de famille à bas revenu en leur octroyant par le biais d’une carte électronique des bons d’achat chez certains distributeurs. Le programme comporte également un volet formation à la nutrition pour conseiller les personnes sur leur mode d’alimentation.

    L’Etat fédéral définit le cadre d’éligibilité des produits et des bénéficiaires, supporte le financement des surcroîts de dépense et contrôle la mise en oeuvre du programme. Des agences (types caisses d’allocation familiale) sont chargées de délivrer les cartes au public cible. Le coût moyen du programme FSP est de 93 $ par mois et par bénéficiaire et concerne 10% de la population. » (Source : Grenelle de l’environnement).

Penser des systèmes solidaires avec une protection garantie par l’Etat

De la même façon que pour l’hébergement solidaire, l’Etat doit s’assurer que les mesures prises par des associations puissent être protégées par la loi afin de sécuriser les personnes accordant leur confiance. L’intervention rapide de la police et la prise en compte légale du statut d’aidant et d’aidé devra être organisé.

Création & développement de ludothèque/bibliothèque locales qui stockeraient les jouets et en feraient bénéficier les enfants du voisinage.

De façon similaire avec les entrepôts d’objets dont les citoyens peuvent disposer, nous proposons de mettre en place des ludothèques/bibliothèques locales, associées par exemple à des crèches ou des écoles, où les citoyens pourraient stocker leurs jouets/livres afin que les enfants du voisinage puissent en profiter. En plus de faire plaisir aux enfants, cela permet de favoriser le lien entre voisins.

Redonner confiance aux hommes

Le manque de confiance est un drame qui touche de plus en plus de personnes. Ce n’est pas tant que nous ne faisons plus confiance, mais c’est que la société semble émettre l’idée qu’il ne faille pas faire confiance, que le risque est trop souvent présent. La méfiance semble être prônée comme l’attitude à adopter de base. Le projet IMAGINE ne peut concevoir que les hommes accordent plus de confiance à la méfiance qu’à leurs confrères et consoeurs. Le projet IMAGINE propose de mener une réflexion sur les moyens à mettre en oeuvre pour que la confiance revienne.

Proposer un nouveau système monétaire au monde pour corriger les inégalités

La réforme monétaire proposée par le projet IMAGINE est conséquente. Elle conçoit la monnaie comme un bien périssable dans le temps, en respectant l’équité des devises entre les zones du monde. Son adoption par un pays lui donnera immédiatement un pouvoir d’achat moyen par habitant équivalent aux autres pays du système, permettant des investissements dans les pays pauvres afin d’échelonner les salaires. Elle permettra aux pays aujourd’hui pauvres de produire des denrées alimentaires pour leur propre population et non plus majoritairement pour l’exportation. C’est une justice que nous devons leur offrir.

Faciliter la mise en oeuvre d’un encadrement social et environnemental du marché : systématiser les clauses sociales et environnementales dans les marchés publics

L’expérience des dernières années en matière de clauses sociales et environnementales indique les stratégies pour faire de l’ESS un levier d’une économie plurielle. Saisir les opportunités qu’offre le code des marchés publics en matière de clauses d’insertion (articles 14, 30, 53) suppose un long travail de connaissance et de persuasion politique auprès des élus mais aussi des différents services techniques des collectivités territoriales.

La volonté des élus et l’engagement d’un ou deux techniciens s’avèrent décisifs. Les expériences existantes montrent qu’une des stratégies de gouvernance efficaces pour l’ESS tient (1) à la co-construction de l’offre et la demande en amont, lors de la définition du cahier des charges, visant selon les filières (2) à l’adaptation de la commande publique à la taille des entreprises de l’ESS (allotissement) et (3) à un changement d’échelle de l’offre ESS par un accompagnement technique et un soutien aux regroupements de producteurs ou (4) au montage de partenariats avec d’autres entreprises locales en tenant compte des besoins de recrutement des bassins d’emploi.

Dans tous les cas, il s’agit d’introduire du débat public sur l’organisation du marché et des coopérations entre l’ensemble des acteurs économiques du territoire pour tenter de juguler stratégies habituelles, rapports de force et de lobbying.

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