Category Archives: Solidarité et Partage

Etre là pour ceux qui veulent s’en sortir

Favoriser les lieux d’éducation populaire et de savoirs citoyens : université populaires, recherche en partenariat, sites de partage.

Les lieux d’éducation populaire aux enjeux économiques font défaut. Pourtant la société civile a su développer une expertise économique remettant progressivement en cause le monopole de l’expertise économique. Il existe une soif de savoirs que ni les médias, ni les formations supérieures ne parviennent à combler.
La multiplication et le succès des universités populaires et citoyennes ces dernières années ont attiré non seulement un public nouveau au sein des universités mais ont su renouveler les méthodes de transmission des savoirs. Issue d’une volonté de démocratiser l’accès aux savoirs non soumise à des conditions de revenus, d’âge, de diplômes ou d’examen, les universités populaires assurent une participation renouvelée aux débats y compris sur les enjeux socio-économiques locaux.
Les universités populaires et citoyennes du Cnam ou celle de Roubaix organisent ainsi régulièrement des séminaires sur le travail et l’emploi, l’insertion, le développement local, l’économie sociale et solidaire en confrontant les savoirs universitaires à l’expertise professionnelle et aux questionnements des acteurs locaux.
Autre initiative, les différentes manifestations et démarches de sensibilisation grand public organisées par la société civile sous forme de journée, semaine ou mois dédiés à une cause. Semaine de la finance solidaire, quinzaine du commerce équitable, mois de l’économie sociale et solidaire, les événements grand public n’ont de cesse de se démultiplier assurant une information et formation militante et citoyenne continue qui font intervenir entrepreneurs, élus ou chercheurs.
Autre innovation, celui de la recherche action comme mode de production de savoirs. Il existe dans ce domaine un renouveau qui concerne en partie l’économie sociale et solidaire. Plusieurs partenariats institutions-citoyens pour la recherche et l’innovation du Conseil régional Ile-de-France ont porté sur la vie associative, le commerce équitable ou l’économie solidaire. Bien que pratiquée de fait par nombre de chercheurs et d’universitaires, la co-construction des savoirs entre chercheurs et acteurs manque encore d’une assise institutionnelle et de financements pour se diffuser largement.
A ce niveau, il convient sans doute de s’inspirer des dispositifs de recherche en partenariat mis en place au Québec en économie sociale. L’ARUC (Alliance Recherche-Université-Communauté) permet une codéfinition et une co-réalisation de projets recherche entre universitaires et praticiens sur des thèmes tels que le développement local, les finances solidaires, le tourisme social ou les services à la personne. Pourquoi ne pas expérimenter un tel dispositif en France en s’appuyant par exemple sur la dizaine de masters en économie sociale et solidaire qui s’appuient déjà largement sur les réseaux locaux de l’ESS dans leurs cursus.

Réformer le système incitatif aux dons

Aujourd’hui les dons permettent une réduction d’impôt, ce qui n’est pas concevable dans le système monétaire proposé par le projet IMAGINE. Cependant le système de dons doit continuer à être favorisé. Nous proposons le système suivant ; l’lorsqu’une personne fait un don d’une valeur X, cela a deux effets secondaires :

  • un montant y% * X est donné par l’Etat (y dépendant du type d’association) en plus à l’association ou à un groupe d’associations ayant une action similaire, ce montant étant réparti sur l’ensemble de la population en intégrant la taxe unique.
  • le donateur « protège » son salaire d’un montant X si jamais il est soumis à la règle des hauts salaires solidaires des bas salaires. Ce pouvoir est intemporel et s’ajoute aux autres dons dans le temps, tant que cette protection n’est pas utile. Par exemple une personne ayant fait un don de 2000EUR en 2009 et 5000EUR en 2010 protège son salaire à hauteur de 7000EUR. Si un jour son salaire trop élevé de 50000EUR devait être amputé de 5000EUR, son salaire serait virtuellement considéré à 45000EUR et pourrait ne pas être amputé. Il disposerait toujours ensuite d’une protection à 2000EUR valable ultérieurement.

    Dans le cas de dons aux partis politiques, le montant ajouté par l’Etat ne sera pas dans son intégralité reversé au parti politique subventionné mais bien à l’ensemble des partis politiques selon des règles à définir. Ce type de mécanisme sera également valable pour les associations à thème (protection des enfants, protections des femmes…) pour assurer un financement à l’ensemble des acteurs et non pas à seulement à celles » monopolisant » les dons.

Mutualiser les expériences et bonnes pratiques d’indicateurs territorialisés de richesse et sociaux impliquant les acteurs de l’ESS

Les territoires s’intéressent aussi aux indicateurs à même de mieux analyser leur santé économique, sociale et écologique. La Région Nord Pas de Calais, par exemple, expérimente des outils comme l’IDH (indice de développement humain), l’empreinte écologique, l’indicateur de santé sociale ou encore le BIP 40 (sur les inégalités et la pauvreté). La Région Ile-de-France travaille un baromètre de qualité de vie et de bien-être, le Grand Lyon sur un indice de développement humain adapté, etc. De fait, les acteurs de l’ESS participent lorsqu’ils ne sont pas partie prenante active à l’élaboration et à la mise en place d’indicateurs sociétaux de bien-être territorialisés (PEKEA) en Bretagne ou d’indicateurs de cohésion sociale (Conseil de l’Europe). Construits avec les citoyens et différentes parties prenantes des territoires, les indicateurs locaux de bien-être et de cohésion sociale deviennent un outil de construction de territoires responsable, pluriel et solidaire. Tout l’intérêt de ces expérimentations est qu’elles visent à expérimenter la construction collective du progrès social à partir de processus participatifs plutôt que d’une agrégation de préférences individuelles révélées par sondages. L’implication des acteurs de l’ESS dans ces démarches est loin d’être anodine bien qu’elle soit à amplifier pour plusieurs raisons. D’abord parce que les conceptions globales du progrès ne sont pas sans incidence sur l’évaluation locale des performances des entreprises à un moment où l’ESS est de plus en plus sommée de faire la démonstration de l’utilité sociale de son activité. Ensuite parce qu’intégrant une part importante de travail militant et bénévole dans la production de biens et services, l’ESS est un lieu d’expérimentation d’autres conceptions de la richesse et d’exploration des possibilités et des limites d’une comptabilisation des ressources non monétaires. Enfin, l’ESS, ne se fondant pas son activité sur la rémunération du capital, mais sur l’élaboration et la perpétuation de patrimoines collectifs, elle est vecteur de nouvelles mutualisations des richesses immatérielles et de production de bien commun non dérivé d’une simple poursuite des intérêts individuels.

Inviter à un système d’hébergement solidaire et temporaire chez l’habitant

L’Etat propose aux personnes désirant aider des personnes tout en ayant des garanties de l’Etat la création d’un système d’accueil chez les personnes pour des durées allant d’une nuit à plusieurs semaines, dans une résidence secondaire ou une chambre d’amis, dans un cadre légal en ayant la garantie de compensation de l’Etat si la personne aidée crée des problèmes mais aussi l’exclusion de ce système ensuite de ces mêmes personnes. L’idée est de reprendre un système proche de celui créé par le site couchsurfing mais avec une dimension davantage solidaire d’aide aux personnes en difficultés.

Mettre en place des dispositifs de soutien à la consommation responsable des ménages modestes

Il s’agit donc de permettre aux personnes à faible revenu (bénéficiaires des minimas sociaux, chômeurs de longue durée…) d’accéder à une consommation responsable et solidaire, notamment une alimentation de qualité, équilibrée et bio. Différentes méthodes sont envisageables :

  • Une modulation des prix en fonction des revenus, sans stigmatisation, dans un souci de mixité sociale
    (logique de péréquation). Exemples Solid’Arles (épicerie solidaire), Solidarité (Auvergne, circuits courts), réseau d’épiceries solidaires
    en Dordogne (initiative impulsée par le Conseil général).
  • Un système de chèques ou bons d’achats « consommation responsable » abondés par les collectivités ou
    les entreprises, à l’image des tickets restaurant ou des chèques culture / vacances.
  • Un système de carte électronique, de type carte « s’miles » ou « carte vitale » qui permette de cumuler
    des points, par et pour l’achat de produits responsables ; ces points pouvant également donner droit à un crédit d’impôt, lors de la déclaration de revenus.Exemple du Food Stamp Program (USA) : « programme américain d’aide alimentaire en direction de populations vulnérables afin de les aider à accéder à une alimentation plus saine, mis en place en 1964. Objectif : accroître le pouvoir d’achat de famille à bas revenu en leur octroyant par le biais d’une carte électronique des bons d’achat chez certains distributeurs. Le programme comporte également un volet formation à la nutrition pour conseiller les personnes sur leur mode d’alimentation.

    L’Etat fédéral définit le cadre d’éligibilité des produits et des bénéficiaires, supporte le financement des surcroîts de dépense et contrôle la mise en oeuvre du programme. Des agences (types caisses d’allocation familiale) sont chargées de délivrer les cartes au public cible. Le coût moyen du programme FSP est de 93 $ par mois et par bénéficiaire et concerne 10% de la population. » (Source : Grenelle de l’environnement).

Penser des systèmes solidaires avec une protection garantie par l’Etat

De la même façon que pour l’hébergement solidaire, l’Etat doit s’assurer que les mesures prises par des associations puissent être protégées par la loi afin de sécuriser les personnes accordant leur confiance. L’intervention rapide de la police et la prise en compte légale du statut d’aidant et d’aidé devra être organisé.

Création & développement de ludothèque/bibliothèque locales qui stockeraient les jouets et en feraient bénéficier les enfants du voisinage.

De façon similaire avec les entrepôts d’objets dont les citoyens peuvent disposer, nous proposons de mettre en place des ludothèques/bibliothèques locales, associées par exemple à des crèches ou des écoles, où les citoyens pourraient stocker leurs jouets/livres afin que les enfants du voisinage puissent en profiter. En plus de faire plaisir aux enfants, cela permet de favoriser le lien entre voisins.

Redonner confiance aux hommes

Le manque de confiance est un drame qui touche de plus en plus de personnes. Ce n’est pas tant que nous ne faisons plus confiance, mais c’est que la société semble émettre l’idée qu’il ne faille pas faire confiance, que le risque est trop souvent présent. La méfiance semble être prônée comme l’attitude à adopter de base. Le projet IMAGINE ne peut concevoir que les hommes accordent plus de confiance à la méfiance qu’à leurs confrères et consoeurs. Le projet IMAGINE propose de mener une réflexion sur les moyens à mettre en oeuvre pour que la confiance revienne.

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